Les effets cognitifs de ChatGPT sur l’apprentissage : ce que montrent les études récentes

09 March 2026 Myriam, fondatrice de PROFIA, l'interface conçue pour apprendre. 4 min de lecture IA et Education

Votre enfant rentre de l'école, s'installe devant son bureau et ouvre ChatGPT. Dix minutes plus tard, le devoir est fait. Propre. Bien rédigé. Vous êtes peut-être même soulagé(e) : pas de crise, pas de conflit, et un exercice rendu dans les temps.

Sauf que derrière cette façade rassurante, quelque chose d’invisible se joue au niveau cognitif.

Depuis 2024, les recherches sur l’impact des outils d’intelligence artificielle dans les tâches scolaires se multiplient. Elles n’appellent pas à interdire l’IA. Mais elles invitent à la prudence : utilisée comme substitut à la réflexion, elle peut modifier profondément la manière dont le cerveau apprend.


1. Une mobilisation cérébrale réduite

En 2025, une équipe du MIT Media Lab a comparé l’activité cérébrale de participants rédigeant des essais dans trois conditions : avec ChatGPT, avec un moteur de recherche, ou sans aide.

Les mesures par EEG ont montré une mobilisation cérébrale significativement plus faible chez les participants utilisant ChatGPT, notamment dans des zones associées à la mémoire de travail et à l’élaboration des idées.

La tâche est accomplie.
Mais l’engagement cognitif profond — celui qui permet l’ancrage durable des connaissances — semble réduit.

Or chez les adolescents, dont le cerveau est encore en construction, l’effort cognitif joue un rôle central dans le renforcement des connexions neuronales.


2. Une réduction progressive de l’effort personnel

L’un des résultats les plus intéressants de cette étude concerne l’évolution dans le temps.

À mesure que l’usage se répétait, les chercheurs ont observé une tendance à la réduction progressive de l’effort personnel. Certains participants s’appuyaient de plus en plus directement sur les réponses générées.

Des chercheurs évoquent le risque d’une forme de « dette cognitive » : plus l’outil réfléchit à notre place, moins nous sollicitons nos propres mécanismes mentaux.

Ce phénomène n’est pas immédiat. Il s’installe progressivement.


3. L’esprit critique peut s’affaiblir

D’autres recherches récentes mettent en évidence une corrélation forte entre délégation excessive aux outils d’IA et diminution de la mobilisation de la pensée critique.

Les participants les plus jeunes semblent plus vulnérables que ceux disposant déjà de compétences analytiques solides.

Lorsque l’élève reçoit une réponse structurée sans avoir à analyser, comparer, douter ou reformuler, certaines composantes de la pensée critique sont moins sollicitées.

Or ces compétences se construisent précisément par la confrontation à la difficulté.


4. Le masquage des lacunes d’apprentissage

Un autre effet observé concerne ce que les chercheurs appellent le « masquage des lacunes ».

Un travail produit avec l’aide directe d’une IA peut être cohérent, bien rédigé, structuré. Mais cela ne garantit pas que l’élève a réellement compris ou mémorisé les notions mobilisées.

L’enseignant peut avoir l’impression que le niveau est acquis.
Le parent peut être rassuré.
Mais le jour du contrôle, sans assistance, les difficultés réapparaissent.

Ce décalage explique en partie certaines incompréhensions fréquentes :
« Il avait compris… pourquoi la note est-elle si basse ? »


5. La fragilisation de la métacognition

La métacognition désigne la capacité à réfléchir sur sa propre compréhension :
Ai-je vraiment compris ? Dois-je vérifier ? Reformuler ? Corriger ?

Certaines publications, notamment dans le British Journal of Educational Technology, alertent sur le risque que l’usage direct des IA génératives court-circuite ces processus d’autoévaluation.

Lorsque la réponse arrive immédiatement, la tentation est grande de ne pas questionner sa validité ni sa compréhension.

Or sans métacognition active, l’apprentissage en profondeur devient difficile.


Faut-il interdire ChatGPT à l’école ?

La recherche ne dit pas qu’il faut interdire l’IA.
Elle montre surtout que tout dépend de l’usage.

Une IA qui donne directement la réponse peut réduire l’effort cognitif.
Une IA qui structure la réflexion peut au contraire le stimuler.

La question n’est donc pas : faut-il utiliser l’IA ?
Mais : comment l’utiliser pour préserver — et même renforcer — les mécanismes d’apprentissage ?

Il est possible de concevoir des outils qui :

  • posent des questions plutôt que fournir des solutions,

  • guident sans faire à la place,

  • stimulent la réflexion au lieu de la remplacer,

  • s’adaptent au niveau réel de l’élève.

C’est cette approche que j’ai choisi de développer avec PROFIA : un outil qui n’apporte pas directement la réponse, mais accompagne l’élève pour qu’il la construise.

Parce qu’apprendre, ce n’est pas produire un texte correct.
C’est transformer durablement son cerveau.

👉 Découvrez l’approche sur www.profiaedu.fr


Sources

Kosmyna et al. (MIT Media Lab, 2025)
Georgiou (2025)
Abbas et al. (2024), International Journal of Educational Technology in Higher Education
Lo et al. (2024), Computers & Education
Publications récentes dans le British Journal of Educational Technology