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Aider son enfant au collège et au lycée

Votre ado travaille à côté de son téléphone : ce que dit la science (et ce que j'observe en cours)

Publié le ·Mis à jour le ·5 min de lecture ·Myriam Quinio, enseignante et créatrice de PROFIA

Publié le 22 mars 2026 — Mis à jour le 15 septembre 2026
 

Durant mes cours de soutien en petit groupe, à chaque séance, je demande aux élèves de mettre leur téléphone en mode avion ou en silencieux. Pourtant, posé sur la table, il reste un aimant. Ils le regardent. Rangé dans la poche, ils le touchent. Et certains, je le soupçonne fortement, « oublient » leur calculatrice de collège pour avoir un prétexte à sortir celle du téléphone…

Ce ne sont pas nécessairement des élèves démotivés. Ce que j’observe, c’est la difficulté à rester dans son travail quand autre chose est disponible à portée de main.

À la maison, les parents connaissent bien cette situation : leur enfant est installé devant ses cahiers, mais son attention semble ailleurs. Comment l’aider à travailler sans être interrompu en permanence ?

Un téléphone posé sur la table empêche-t-il vraiment de se concentrer ?

En 2017, Adrian Ward et ses collègues ont étudié les performances cognitives de participants selon l’emplacement de leur téléphone : sur le bureau, dans la poche ou le sac, ou dans une autre pièce.

Leurs expériences suggéraient que la simple présence du smartphone pouvait réduire les ressources mentales disponibles, même sans l’utiliser. Leur hypothèse : résister à l’envie de consulter l’appareil mobiliserait une partie de ces ressources. C’est ce qu’ils ont appelé le « brain drain ». L’étude de Ward et ses collègues.

Mais les recherches suivantes n’ont pas toutes retrouvé cet effet. Une méta-analyse publiée en 2024, réunissant 33 études, n’a pas trouvé d’effet global significatif de la seule présence du téléphone sur les performances cognitives. La méta-analyse de Hartanto et ses collègues.

On ne peut donc pas affirmer qu’un téléphone éteint au fond d’un sac perturbe systématiquement la concentration de chaque adolescent.

Cela n’enlève rien au problème que je rencontre en cours : lorsqu’un élève manipule son téléphone ou interrompt son exercice pour consulter un message, il quitte son travail. Mon conseil d’éloigner l’appareil vise d’abord à réduire ces occasions de décrochage.

À la maison, « concentre-toi » ne suffit pas toujours

Imaginons un élève qui commence un problème de maths. Il lit l’énoncé, cherche les informations utiles, essaie de comprendre quelle méthode employer. Un message arrive. Il répond, puis revient à son exercice.

Il doit alors retrouver où il en était : qu’avait-il déjà compris ? Quel calcul voulait-il faire ? Pourquoi avait-il souligné cette donnée ?

Le problème n’est pas seulement le temps passé à répondre au message. C’est aussi le fil du raisonnement qu’il faut reprendre.

Quand un parent me dit que son enfant passe beaucoup de temps sur ses devoirs, j’ai donc envie de poser une question : travaille-t-il longtemps, ou son travail est-il souvent interrompu ?

Éloigner le téléphone ne résoudra pas une consigne incomprise ou une difficulté en fractions. Mais cela peut supprimer un obstacle supplémentaire.

Quatre habitudes simples à essayer

Préparer ce qui sera nécessaire. Consulter les devoirs sur Pronote, récupérer les documents, sortir les cahiers et la calculatrice avant de commencer. On évite ainsi de reprendre le téléphone pour chaque information manquante.

Choisir une place pour le téléphone. S’il n’est pas utile à la tâche, on le pose ailleurs, par exemple dans une autre pièce. La règle peut être décidée ensemble : pendant ce travail précis, le téléphone attend.

Prévoir un objectif et une pause. « Je fais cet exercice, puis je m’arrête quelques minutes » est plus concret que « je travaille jusqu’à ce que tout soit fini ». La durée reste adaptée à l’élève et au travail demandé.

Observer ce qui aide vraiment. L’enfant reprend-il moins souvent sa consigne ? Va-t-il davantage au bout de son raisonnement ? Se sent-il moins dispersé ? L’objectif est de trouver une organisation qui fonctionne, pas d’ajouter une occasion de conflit.

Si le plus difficile est de commencer, j’en parle dans l’article « J’ai la flemme » : pourquoi démarrer les devoirs est parfois si difficile.

Le piège de l’écran nécessaire pour travailler

C’est une question que les parents me posent : « Mon enfant a besoin d’un écran pour travailler, comment faire ? »

Consulter Pronote, chercher un document, ouvrir un exercice en ligne : certaines activités demandent effectivement un écran connecté. Et, sur ce même appareil, les messages et les vidéos restent facilement accessibles.

Un élève peut ouvrir son ordinateur pour consulter ses devoirs, puis se retrouver quelques minutes plus tard à regarder autre chose. Une tablette ou un ordinateur peuvent donc aussi devenir des sources de distraction.

Il ne suffit pas de distinguer le téléphone, qui distrairait, et l’ordinateur, qui servirait à travailler. Il faut regarder ce que l’enfant fait réellement avec chacun.

Couper les notifications, fermer les applications inutiles ou utiliser des restrictions adaptées peut aider. Mais ces réglages gagnent à être associés à une activité précise : « Je cherche cette information », « je travaille cet exercice », « je me fais interroger sur cette leçon ».

Et si le téléphone est le seul appareil disponible, l’enjeu est d’en organiser l’usage : ouvrir le support nécessaire, limiter les sollicitations et définir ce qu’on veut avoir accompli avant de passer à autre chose.

Ce que PROFIA peut apporter

C’est avec cette réalité en tête que j’ai conçu PROFIA : un espace de travail sobre, sans publicité ni fil d’actualité. L’élève arrive avec une leçon, un exercice ou une difficulté. Le tuteur l’accompagne par des questions et des indices pour l’aider à construire son raisonnement, sans faire le devoir à sa place.

PROFIA ne bloque pas l’accès aux autres applications. Son apport est pédagogique : l’échange donne à l’élève une activité précise à poursuivre. Expliquer ce qu’il a compris, tenter une étape, repérer une erreur, reformuler.

Lorsqu’il bloque, il peut être aidé à reprendre le fil plutôt que de rester seul devant son exercice.

Le bilan hebdomadaire donne également aux parents des repères sur l’activité réalisée dans PROFIA et sur les échanges de la semaine. Il ne mesure pas le travail effectué dans les cahiers ou sur d’autres supports, ni l’attention de l’enfant à chaque instant.

Il peut en revanche servir de point de départ à une discussion concrète : « Tu as travaillé les fractions. Qu’est-ce qui est plus clair maintenant ? Qu’est-ce qui te pose encore problème ? »

Car éloigner les distractions ne suffit pas toujours. Une fois le téléphone posé, l’élève peut encore avoir besoin d’aide pour comprendre la consigne, dépasser un blocage et avancer dans son travail.

Découvrir comment fonctionne PROFIA.

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