IA à l’école : ce qui change vraiment pour votre enfant à la rentrée 2026

18 August 2026 Myriam, enseignante et fondatrice de PROFIA 9 min de lecture IA et Éducation

IA à l’école : ce qui change vraiment pour votre enfant à la rentrée 2026

Pix IA obligatoire en 4e et en seconde, ChatGPT autorisé ou non pour les devoirs, véritable enseignement de l’IA prévu en 2027… Les annonces se sont multipliées. Mais concrètement, qu’est-ce qui change pour votre enfant dès septembre 2026 ?

Votre enfant utilise peut-être déjà ChatGPT, Gemini ou une autre intelligence artificielle pour ses devoirs. Pour chercher une idée, comprendre une notion, résumer un cours… ou parfois, soyons réalistes, obtenir directement la réponse.

L’usage est loin d’être marginal : Pix indique que 90 % des élèves de seconde déclarent avoir déjà utilisé l’IA pour les aider dans leurs devoirs.

Face à cette réalité, l’Éducation nationale a progressivement posé des règles et commencé à former les élèves.

Mais entre le « cadre d’usage de l’IA », les nouveaux parcours Pix obligatoires et l’annonce de cours d’IA au lycée, il est facile de s’y perdre.

Alors, votre enfant va-t-il réellement apprendre à utiliser l'intelligence artificielle à l'école cette année ?

Votre enfant aura-t-il un cours d’IA à la rentrée 2026 ?

Non, pas encore.

C’est probablement la première confusion à lever.

À la rentrée 2026, il n’existe pas encore d’heure de cours hebdomadaire consacrée à l’intelligence artificielle dans l’emploi du temps des collégiens ou des lycéens.

En revanche, les élèves de 4e, de seconde générale, technologique ou professionnelle et de première année de CAP sont concernés par deux parcours de formation à l’IA proposés sur Pix.

Leur caractère obligatoire a été fixé par le Bulletin officiel du 5 février 2026, avec une mise en œuvre progressive sur les années scolaires 2025-2026 et 2026-2027.

Chaque élève doit suivre deux parcours :

  • « Décrypter le fonctionnement et les enjeux de l’IA »

  • « Utiliser l’IA générative de façon éclairée et efficace »

Ils durent chacun entre 30 et 45 minutes et sont réalisés en classe, sous la surveillance d’un enseignant ou d’un personnel d’éducation. Ils ne donnent lieu ni à une note, ni à une attestation, ni à une certification.

Nous sommes donc encore assez loin d’un enseignement de l’IA tout au long de l’année.

Mais ces parcours sont intéressants à regarder de plus près.

Qu’est-ce que les élèves vont réellement apprendre avec Pix IA ?

Il serait injuste de réduire ces parcours à quelques QCM sur les dangers de ChatGPT.

Pix a construit un dispositif plus complet.

L’élève commence par répondre à des questions permettant d’évaluer ses connaissances. En fonction de ses réponses, il reçoit ensuite des petits modules de formation interactifs et personnalisés, généralement de quelques minutes.

Parmi les thèmes abordés :

  • ce qu’est une intelligence artificielle ;

  • le fonctionnement général des IA génératives ;

  • les différents types d’apprentissage des IA ;

  • les biais et les erreurs possibles ;

  • les hallucinations ;

  • les fausses informations et les deepfakes ;

  • la protection des données ;

  • les impacts environnementaux ;

  • mais aussi la manière de formuler une demande efficace à une IA, ce qu’on appelle couramment le prompting.

C’est un point important.

L’Éducation nationale ne cherche donc pas uniquement à mettre les élèves en garde contre l’IA. Elle commence aussi à leur apprendre à l’utiliser.

Et c’est probablement nécessaire.

Interdire simplement ChatGPT aux adolescents alors que ces outils font désormais partie de leur environnement aurait peu de chances de fonctionner.

Reste une autre question : qu’ont-ils réellement le droit d’en faire pour leur travail scolaire ?

ChatGPT est-il désormais autorisé pour les devoirs ?

La réponse n’est ni totalement oui, ni totalement non.

Depuis juin 2025, le ministère de l’Éducation nationale dispose d’un cadre national d’usage de l’intelligence artificielle en éducation.

Il prévoit des règles différentes selon l’âge.

À l’école primaire, les élèves peuvent être sensibilisés au fonctionnement de l’IA, mais ils ne doivent pas manipuler directement des IA génératives dans le cadre scolaire.

À partir de la 4e, leur utilisation pédagogique en classe est possible, mais elle doit rester limitée, expliquée, accompagnée et encadrée par l’enseignant.

Au lycée, un élève peut aller plus loin et utiliser une IA de manière autonome, mais toujours dans un cadre d’apprentissage défini explicitement par l’enseignant.

Autrement dit, atteindre la 4e ne donne pas soudainement carte blanche pour utiliser ChatGPT sur tous ses devoirs.

Et sur ce point, le texte ministériel est assez clair : utiliser une IA générative pour réaliser un devoir sans autorisation explicite de l’enseignant et sans véritable travail personnel d’appropriation est considéré comme une fraude.

Ce n’est donc pas l’outil en lui-même qui pose problème.

C’est ce que l’élève lui délègue.

Demander une explication, chercher un exemple, se faire interroger ou vérifier un raisonnement n’est pas la même chose que demander :

« Fais-moi ma rédaction. »

« Résous cet exercice. »

« Fais-moi un résumé que je peux apprendre. »

« Écris mon devoir comme un élève de troisième. »

Cette distinction me paraît essentielle.

Savoir utiliser une IA ne signifie pas encore savoir apprendre avec elle

C’est probablement là que se situe le véritable enjeu pédagogique des prochaines années.

Apprendre à un adolescent qu’une IA peut halluciner, qu’il faut protéger ses données personnelles et qu’un prompt précis donne généralement une meilleure réponse est nécessaire.

Mais cela ne suffit pas pour répondre à une autre question :

Comment utiliser une intelligence artificielle sans qu’elle fasse le travail intellectuel à la place de l’élève ?

Prenons un exercice de mathématiques.

Un élève bloque.

Il photographie l’exercice et demande :

« Explique-moi. »

L’IA lui fournit une résolution très claire. Il la lit, comprend les différentes étapes et peut avoir sincèrement l’impression d’avoir compris.

Mais si on lui redonne le même type d’exercice deux jours plus tard, saura-t-il le résoudre seul ?

Pas forcément.

Il y a une différence importante entre comprendre une explication lorsqu'on la lit et être capable de reconstruire soi-même le raisonnement.

Même problème avec une rédaction.

Une IA peut proposer un excellent plan. L’élève le lit et se dit : « Oui, c’est exactement ça. »

Mais aurait-il été capable de trouver ce plan seul ?

C’est beaucoup moins certain.

Le risque avec l’IA dans les apprentissages n’est donc pas seulement la triche.

Il est aussi beaucoup plus discret : l’illusion d’avoir appris parce que l’on a compris la réponse produite par quelqu’un — ou quelque chose — d’autre.

Alors faut-il apprendre aux élèves à « bien prompter » ?

Oui, mais ce n’est qu’une partie du problème.

Savoir poser une question précise à une IA deviendra probablement une compétence utile.

Mais pour un élève, le meilleur prompt n’est pas nécessairement celui qui permet d'obtenir immédiatement la meilleure réponse.

Cela peut au contraire être :

« Ne me donne pas la réponse. Donne-moi seulement un indice. »

« Pose-moi une question pour que je trouve seul. »

« Vérifie mon raisonnement mais ne corrige pas encore mon exercice. »

« Interroge-moi sur cette leçon et attends ma réponse avant de continuer. »

« Je ne comprends pas ce mot. Explique-le-moi puis demande-moi de reformuler. »

Une IA généraliste peut parfaitement être utilisée de cette manière.

Certaines proposent même désormais des modes spécialement conçus pour l'étude.

Mais cela demande à l’élève de choisir volontairement le chemin le plus exigeant alors que, sur le même écran, il peut obtenir la solution complète en quelques secondes.

Pour un adolescent fatigué à 19 heures devant ses devoirs, cette nuance compte.

Trois questions simples à poser à son enfant

Les parents n’ont pas besoin de devenir spécialistes de l’intelligence artificielle pour accompagner leurs enfants.

Trois questions permettent déjà de faire une grande différence.

« Ton professeur vous a-t-il autorisés à utiliser l’IA pour ce travail ? »

Les règles peuvent varier selon les devoirs et selon les enseignants. Il vaut mieux commencer par là.

« Maintenant que l’IA t’a aidé, est-ce que tu peux me l’expliquer avec tes propres mots ? »

C’est probablement le test le plus simple. Si l’enfant ne peut pas expliquer ce qu’il vient de lire, il ne l’a pas encore réellement assimilé.

« Est-ce que tu saurais refaire quelque chose de similaire sans l’IA ? »

Car c’est bien ce qui lui sera demandé le jour du contrôle.

L’objectif n’est pas d'empêcher les adolescents d'utiliser un outil qui fera partie de leur vie future.

C’est de leur apprendre à l’utiliser sans abandonner leur propre réflexion.

Et en 2027, un véritable enseignement de l’IA arrivera en seconde

Une nouvelle étape est déjà prévue pour la rentrée 2027.

Tous les élèves concernés par l’enseignement de sciences numériques et technologie en seconde doivent alors bénéficier d’une heure hebdomadaire consacrée à l’intelligence artificielle.

Le ministère a apporté une précision importante le 20 juillet 2026 : l’horaire de SNT doit passer à deux heures par semaine, afin d’y intégrer cet enseignement sur l’IA. Le futur programme doit notamment aborder le fonctionnement des IA, les données et leurs biais, la protection de la vie privée, les enjeux environnementaux, l’esprit critique et la souveraineté numérique.

Le projet de nouveau programme doit être présenté d’ici décembre 2026 pour une application à la rentrée suivante. Une déclinaison vers la voie professionnelle est également prévue dans un second temps.

On changera alors clairement d’échelle : de deux parcours Pix de quelques dizaines de minutes à un véritable enseignement suivi pendant l’année.

Former à l’IA et apprendre avec l’IA : deux enjeux différents

Que l’École apprenne aux élèves à comprendre l’intelligence artificielle, à identifier ses limites et à l’utiliser avec discernement est une évolution nécessaire.

Mais il faudra également leur apprendre quelque chose de plus difficile : ne pas lui abandonner leur travail de réflexion.

Le ministère lui-même demande de remettre au premier plan le raisonnement et la résolution de problèmes.

C’est précisément sur ce deuxième enjeu que j’ai conçu PROFIA.

PROFIA est un professeur particulier virtuel destiné aux collégiens et lycéens. Lorsqu’un élève pose une question, l’objectif n’est pas de lui fournir immédiatement la solution. PROFIA lui demande ce qu’il a compris, ce qu’il a déjà essayé, lui donne un indice si nécessaire, lui fait reformuler et l’amène progressivement à construire sa propre réponse.

Parce qu'une IA peut être un formidable outil d'apprentissage, à condition qu'elle ne remplace pas celui qui doit apprendre.

Découvrir PROFIA http://www.profiaedu.fr


Sources officielles

  • Ministère de l’Éducation nationale, Cadre d’usage de l’IA en éducation, juin 2025.

  • Bulletin officiel de l’Éducation nationale du 5 février 2026, parcours Pix dédiés à l’intelligence artificielle.

  • Pix, présentation des parcours apprenants consacrés à l’IA, mars 2026.

  • Ministère de l’Éducation nationale, saisine relative à la révision du programme de SNT, 20 juillet 2026.